La retranscription du discours de Philip Wollen en 2012

Retranscription du discours de Philip Wollen (2012)

Débat : « Les animaux doivent être retirés du menu »

En 2012, Philip Wollen, ex-vice-président de la Citibank, participe à un débat entre pro et anti-véganisme au Centre St James Ethics et au Centre Wheeler en Australie. Son plaidoyer, étayé de symboles universels tel que Guantánamo, est aussi touchant que déchirant et délivre autant un message d’espoir qu’un cri d’horreur.

Son intervention ne peut que convaincre les derniers sceptiques de votre entourage. Ou même faire taire les « haters » qui sévissent sur les réseaux sociaux et ailleurs. N’hésitez pas à la partager autour de vous. Ou distillez, par-ci, par-là ses arguments, ses descriptions de crimes contre l’animalité, et surtout son espoir d’un monde meilleur.


La vidéo du plaidoyer, à voir ou à revoir


La transcription complète en français

Au nom du Centre Saint James Ethics , du Centre Wheeler, du Festival de la nourriture et du vin de Melbourne, du « Age », de la ville de Melbourne et de l’ABC qui ont tous contribué à rendre cet événement possible, j’accueille Philip Wollen.

(Applaudissements)

Le Roi Lear, tard dans la nuit sur la falaise, demande au Comte de Gloucester aveugle « Comment voyez-vous le monde ? ».

Et l’aveugle Gloucester répond : « Je le vois avec mes sens. ».

Ne devrions-nous tous pas le voir ainsi ?

Les animaux doivent être retirés du menu parce que ce soir ils hurlent de terreur dans les abattoirs, les caisses et les cages. Vils et ignobles goulags de désespoir.

J’ai entendu les cris de mon père mourant, son corps ravagé par le cancer qui l’a tué, et je me suis rendu compte que j’avais déjà entendu ces cris avant. Dans les abattoirs, les yeux arrachés et les tendons coupés, sur les navires à bétail expédiés au Moyen-Orient et chez la baleine mère mourante, quand un harpon japonais explose dans son cerveau, alors qu’elle appelle son baleineau. Leurs cris étaient ceux de mon père. J’ai découvert que dans la souffrance, nous sommes tous égaux. Et dans leur capacité à souffrir, un chien est un cochon, est un ours, est un garçon.

Aujourd’hui, la viande est le nouvel amiante, plus meurtrière que le tabac.

Le CO2, le méthane, et l’oxyde nitrique provenant du secteur de l’élevage du bétail tuent nos océans, créant des zones mortes acides et hypoxiques. 90% des poissons de petite taille sont broyés et transformés en granulés pour nourrir le bétail. Les vaches végétariennes sont maintenant les plus grandes prédatrices du monde marin. Les océans meurent en ce moment. D’ici 2048 toute l’industrie de la pêche sera morte. Les poumons et les artères de la terre. Des milliards de petits poussins sautillants sont broyés vivants, simplement parce qu’ils sont de sexe masculin.

Seulement 100 milliards de personnes ont déjà vécu sur terre. 7 milliards y vivent aujourd’hui. Et nous torturons et tuons 2 milliards d’animaux chaque semaine. 10 milles espèces entières sont anéanties chaque année à cause des actions d’une seule. Nous sommes maintenant face à la 6ème extinction de masse de l’histoire cosmologique. Si n’importe quel autre organisme agissait comme ça, les biologistes l’appelleraient un virus. C’est un crime contre l’humanité aux proportions inimaginables.

Mais heureusement, le monde est en train de changer.

Il y a 10 ans, Twitter n’était qu’un bruit d’oiseau, www un clavier bloqué, Cloud (nuage) était dans le ciel, 4G était une place de parking, Google était un rot de bébé, Skype était une faute de frappe et Al Qaïda était mon plombier.

Victor Hugo a dit : « Rien n’est plus fort qu’une idée dont l’heure est venue. ».

Les droits des animaux sont aujourd’hui la plus importante question de justice sociale depuis l’abolition de l’esclavage.

Il y a plus de 600 millions de végétariens dans le monde. C’est plus grand que les États-Unis, l’Angleterre, la France, l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie, le Canada, et l’Australie réunis ! Si nous étions une nation, nous serions plus grands que les 27 pays de l’Union européenne ! Malgré cette empreinte massive, nous sommes toujours étouffés par ces cartels tapageurs qui chassent, abattent et tuent, croyant que la violence est la réponse – alors qu’elle ne devrait même pas être une question. La viande est une industrie qui tue – les animaux, nous et nos économies.

Medicare (Assistance médicale aux personnes âgées) a déjà fait faillite aux États-Unis. Ils auront besoin de 8 milliards de dollars investis en bons du Trésor juste pour payer les intérêts. Ils en ont exactement zéro ! Ils pourraient fermer toutes les écoles, l’armée, la marine, l’armée de l’air, et les Marines, le FBI et la CIA – et ils ne seront toujours pas en mesure de payer.

Les Universités de Cornell et Harvard disent que la quantité optimale de viande pour une alimentation saine est précisément ZÉRO.

L’eau est le nouveau pétrole. Les nations partiront bientôt en guerre pour elle. Les aquifères souterrains qui ont pris des millions d’années pour se remplir, sont à sec. Il faut 50 000 litres d’eau pour produire 1 kilo de viande de bœuf. Aujourd’hui 1 milliard de personnes ont faim. 20 millions de personnes mourront de malnutrition. Réduire la consommation de viande de 10% seulement pourrait nourrir 100 millions de personnes. L’élimination de la viande mettra fin pour toujours à la famine.

Si tout le monde suivait un régime alimentaire occidental, nous aurions besoin de 2  planètes Terre pour les nourrir. Nous n’en avons qu’une seule et elle est en train de mourir. Les gaz à effet de serre provenant du bétail sont 50% plus élevés que celui des transports… avions, trains, camions, voitures, et bateaux.

Les pays pauvres vendent leurs céréales à l’Occident, alors que leurs propres enfants meurent de faim dans leurs bras. Et nous en nourrissons le bétail pour pouvoir manger un steak ?

Suis-je le seul à voir cela comme un crime ?

Chaque morceau de viande que nous mangeons est une gifle au visage baigné de larmes d’un enfant affamé. Quand je regarde dans les yeux, dois-je rester silencieux ? La terre peut produire assez pour les besoins de chacun, mais pas assez pour la cupidité de tous.

Nous sommes face à la tempête parfaite. Si une nation avait mis au point des armes pouvant causer de tels ravages sur la planète nous lancerions une attaque militaire préventive et les renverrions à l’Age du Bronze. Mais ce n’est pas un État dévoyé. Il s’agit d’une industrie. La bonne nouvelle est que nous n’avons pas à la bombarder. Nous pouvons tout simplement ne pas l’acheter.

George Bush a eu tort. L’Axe du Mal ne passe pas par l’Irak, l’Iran ou la Corée du Nord. Il passe par nos tables. Les armes de destruction massive sont nos couteaux et fourchettes.

Notre proposition est le couteau suisse de l’avenir – il résout nos problèmes environnementaux, de santé, d’eau et met fin pour toujours à la cruauté.

L’âge de pierre n’a pas pris fin parce que nous n’avions plus de pierres. Cette industrie cruelle prendra fin parce que nous nous finirons par manquer d’excuses. La viande est comme les pièces de un et deux cents. Elle coûte plus cher à produire que ce qu’elle vaut.

Et les agriculteurs sont ceux qui ont le plus à gagner. Ce ne serait pas la fin de l’agriculture mais son essor. Seule la gamme de produits changerait. Les agriculteurs gagneraient tellement d’argent qu’ils ne prendraient même plus la peine de le compter. Les gouvernements nous aimeront. De nouvelles industries émergeraient et prospéreraient. Les primes d’assurance santé seraient en chute libre. Les listes d’attente dans les hôpitaux disparaîtraient. Bon sang nous serions tellement en bonne santé que nous devrions tuer quelqu’un juste pour ouvrir un cimetière !

Alors ce soir, j’ai deux défis pour l’opposition:

1. La viande provoque un large éventail de cancers et de maladies cardiaques. Vont-ils nommer une maladie causée par un régime végétarien ?

2. Je finance la trilogie « Earthlings ». Si l’opposition est si sûre de ses opinions, je les mets au défi d’envoyer le DVD « Earthlings » à tous leurs collègues et clients. Allez-y, je vous mets au défi .

Les animaux ne sont pas seulement d’autres espèces, ils sont d’autres nations. Et nous les massacrons à nos risques et périls.

La carte de la paix se dessine sur un menu. La paix n’est pas seulement l’absence de guerre. C’est la présence de justice. La justice doit être aveugle à la race, la couleur, la religion ou l’espèce. Si elle n’est pas aveugle, elle sera une arme de terreur. Et il y a une terreur inimaginable dans ces horribles Guantánamo. Si les abattoirs avaient des murs de verre, ce débat n’aurait pas lieu.

Je crois qu’un autre monde est possible. Par une nuit tranquille, je peux l’entendre respirer.

Retirons les animaux du menu et de ces chambres de torture.

S’il-vous-plaît, votez ce soir pour ceux qui n’ont pas de voix.

Merci.


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