Ethique

Comment réduire son empreinte carbone numérique ?

En adoptant des gestes simples et en les transformant en routines quotidiennes.

Avant de découvrir tous les gestes quotidiens qui vont te permettre de diminuer ton impact sur la pollution digitale, il est important de bien comprendre de quoi il s’agit et quelles sont les conséquences de notre (sur)utilisation des outils numérique et des appareils électriques.

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Au sommaire

  • Qu’est-ce que l’empreinte carbone digitale ?
  • Les sources de pollution
  • Les gestes à adopter
  • La face cachée du numérique
  • Les sources consultées

La pollution numérique ou pollution digitale, c’est quoi ?

La pollution numérique est produite par l’ensemble des sources de pollution environnementales liées au fonctionnement du réseau Internet, à son utilisation et aux outils numériques pour y accéder. Celle-ci comprend essentiellement la production d’énergie et de gaz à effet de serre par les centres de données, mais aussi les déchets et pollutions issus de la production et des déchets de ces outils. Elle assimile parfois aussi la pollution électromagnétique.

Les principales sources de la pollution numérique

  • La fabrication d’appareils numériques (ordinateurs, téléphones, tablettes, etc) est très demandeuse en ressources, il faut environ 16 fois son poids en matériaux pour pouvoir fabriquer un ordinateur. Elle engendre d’importantes pollutions de l’eau, de l’air et une consommation très importante de ressources qui ne sont pas toujours renouvelables et également beaucoup d’énergie.
  • Les Data Centers sont d’énormes centre de stockage et de traitement de données numériques, qui consomment énormément d’énergie pour l’alimentation des serveurs informatiques mais surtout pour le refroidissement, qui représente environ 40 % de la facture énergétique pour ces installations. La pollution est essentiellement engendrée par l’utilisation d’énergie fossile pour produire l’électricité nécessaire.
  • L’utilisation des logiciels et les recherches sur le web entraînent une pollution engendrée par l’énergie nécessaire au fonctionnement
  • Le stockage et l’envoi d’e-mails de toute messagerie électronique , dont l’utilisation requiert un passage par plusieurs centre de données et leur conservation nécessite l’utilisation de mémoire de ces serveurs informatique, augmentent la consommation en énergie.

Aujourd’hui, l’utilisation d’Internet a un fort impact sur les émissions de CO² : Internet consomme 10% de l’énergie mondiale. Un pourcentage qui a doublé en cinq ans. Si l’on ne change pas notre usage du web d’ici 2025, Internet polluera autant que le secteur du transport routier mondial.

En 2016, la pollution digitale représentait environ 2 % des émissions de gaz à effet de serre, soit autant que l’émission de l’aviation civile. Elle n’était que de 1 % au début du 21ème siècle et devrait atteindre environ 4 % d’ici 2020. Au-delà, des émissions de gaz polluants, il y a une véritable pollution liée à la propagation d’ondes électromagnétiques (wifi, etc.) mais également une pollution particulaire liée à l’utilisation du silicium, présent dans la plupart des nouvelles technologies.

Clique sur l’image pour visiter Les écolos humanistes

La pollution numérique est de plus en plus importante, elle est à la fois néfaste pour l’environnement, et potentiellement dangereuse pour l’Homme. Si le monde numérique représentait un pays, ce serait le sixième pays le plus pollueur sur Terre.

En 2019, Internet polluera plus que l’avion (mais ça peut changer grâce à toi).

Il n’y a pas de petits gestes,
si nous sommes 7 milliards à les faire ❤


20 gestes simples du quotidien à adopter pour réduire efficacement son impact

Cet article ne va probablement pas plaire à la blogosphère. Il va à l’encontre de ce que nous effectuons au quotidien pour notre blog, pour la course aux inscrits à nos newsletters, à nos réseaux sociaux, etc. Nous en faisons toujours plus, espérant en obtenir toujours plus. Mais chacune de nos actions est-elle toujours nécessaire ? Voilà la question à se poser avant de cliquer, cliquer, cliquer … sur le web.

Si, comme moi, tu as envie de participer à la préservation de notre planète. Si tu rêves de laisser un monde meilleur, demain, pour nous-mêmes, pour nos voisins (pays / continents), dans une génération, pour nos enfants et nos petits-enfants. Il suffit de mettre en pratique des gestes simples.

Pour y remédier, voici une sélection de recommandations à mettre en place et à tenir sur la durée. Pour les appliquer, du bon sens et se poser la question de la nécessité de ses gestes.

1. Réduire l’envoi d’e-mails ET de newsletters

Dès juillet 2011, une étude de l’ADEME nous alertait sur les conséquences de notre utilisation des messageries électroniques et de l’envoi de courriels. Extrait :

  • Envoyer un e-mail de 1 Mo à un seul destinataire équivaut à la consommation de 25 Wh, soit 25 min d’utilisation d’une ampoule de 60 W ;
  • Un seul courriel entraîne potentiellement une consommation d’énergie fossile équivalente à 6 g de pétrole et l’émission de 20 g de CO2 ;
  • Envoyer 20 e-mails chaque jour pendant un an, l’émission de CO2 correspondante représente l’équivalent de 1000 km parcourus en voiture.

Créer, répondre ou transférer un e-mail, c’est la même chose avec le même impact sur l’environnement. Évite autant que possible une utilisation intempestive et non maîtrisée des courriers numériques.

Avant de cliquer sur le bouton « Envoyer », pose-toi la question suivante :

« L’envoi de ce courriel est-il indispensable ? »


Si tu ne peux vraiment pas te passer de messagerie électronique pour des raisons personnelles, tu as maintenant la possibilité d’utiliser une messagerie écologique et éthique.

  • Lilo : mail.lilo.org ( 🇫🇷 ) garantit un e-mail à faible impact énergétique, éthique et solidaire, le respect de notre vie privée et des serveurs rapides et hébergés en France ;
  • Newmanity : ntymail.com ( 🇫🇷 ) propose à la fois une messagerie web et un service d’hébergements de fichiers en ligne. La particularité est l’hébergement de ses services sur des serveurs qui émettent le moins d’émissions de dioxyde de carbone possible.

2. Limiter le nombre de destinataires par e-mail

Envoyer un e-mail à 10 destinataires multiplie par 4 l’impact sur le changement climatique, d’après le calcul de l’ADEME.

Efforce-toi autant que possible de réduire autant que possible le nombre de destinataires.

Avant de cliquer sur le bouton « Envoyer », pose-toi la question suivante :

« Chaque destinataire est-il concerné par ce courriel ? »



3. Limiter l’envoi des pièces jointes dans chaque e-mail

Plus l’e-mail que tu t’apprêtes à envoyer contient de pièces jointes, plus il est lourd, plus il alourdit ton empreinte carbone.

Évite autant que possible d’envoyer des documents en pièces jointes d’un courriel.

Avant de cliquer sur le bouton « Envoyer », pose-toi la question suivante :

« Les documents ne peuvent-ils pas être transmis en mains propres ? »


Si tu ne peux vraiment pas te passer de pièces jointes, il y a des solutions pour alléger l’empreinte carbone.

  • Transmets tes documents avec une clé USB ou un disque dur externe
  • Réduis la taille de tes fichiers,
  • Optimise le poids des photos,
  • Envoie des fichiers au format EPUB à la place des fichiers au format PDF ou DOC,
  • Stocke tes documents sur un cloud et envoie par e-mail le lien de téléchargement.

4. Stocker ses e-mails en local

Le stockage des messages sur les serveurs consomme de l’électricité. Dans le monde, les centres de stockage des données (data centers) consomment 1.5 % de l’électricité mondiale, soit l’équivalent de la production de 30 centrales nucléaires. Et comme ils sont majoritairement alimentés par des centrales au charbon, ils sont responsables de 2% des émissions de CO2 (source GreenPeace). Il est donc recommandé, autant que possible, de stocker les informations sur des disques durs ou en local, plutôt que sur des serveurs.


5. Nettoyer régulièrement sa boîte mails, y compris les SPAM

Plus un courriel est conservé longtemps sur un serveur, plus son impact sur l’environnement est négatif. Pourquoi donc garder des messages dont tu n’as plus du tout besoin ? Prends l’habitude de supprimer tes messages après les avoir lus, évite de les garder ou de les archiver, et nettoie régulièrement ta messagerie électronique, en supprimant les spams et vidant la corbeille.

Face au problème, il existe heureusement des solutions. Edouard Nattée en a fait son cheval de bataille entrepreneurial, puisqu’il a décidé de rendre nos boites mails plus intelligentes, donc moins polluantes. « Chaque français garde entre 10 et 50 000 mails non lus. On a voulu savoir ce que ça représentait en production de CO2, c’est monstrueux. Chaque message engendre 10 g de CO2 : si vous multipliez par le nombre de courriers et d’internautes, ça devient gigantesque. »

Conscient des enjeux, Edouard Nattée a développé Clean Fox, une application gratuite qui fonctionne comme le « Tinder de tes newsletters », puisqu’il te permet de te désabonner d’un simple geste du bout du doigt. Clean Fox supprime aussi tes mails stockés inutilement et plante un arbre en partenariat avec We Forest quand tu invites quelqu’un à l’utiliser. Plus globalement, le jeune entrepreneur prône une « civilité » sur Internet, semblable à celle qui régit nos relations sociales dans la vraie vie.

Pour faire le ménage dans ta messagerie en ligne ⇒ Utilise cleanfox pour nettoyer gmail, hotmail…


6. Se désinscrire des newsletters non indispensables

Utilise cleanfox (encore 😊) pour te désabonner des newsletters, l’outil MAGIQUE !


7. Imprimer avec modération

Côté impression, il est possible de polluer encore moins. Sous réserve d’opter pour le mode « brouillon », d’imprimer en noir et blanc et recto-verso… et de bien choisir sa police de caractères.

⇒ L’an dernier, Suvir Michandani, un collégien américain de 14 ans, a calculé qu’en changeant la police des caractères utilisés dans les documents administratifs américains – en passant du Times New Roman au Garamond – on réduirait la consommation d’encre utilisée de près de 30%.


8. Effectuer moins de recherches sur le web

Selon les chiffres donnés par Google, une recherche sur le moteur émet 0,2g de CO2. 100 recherches dans Google auraient ainsi une empreinte carbone comparable au repassage d’un t-shirt (25g de CO2) ou à la production d’un verre de jus d’orange (1,25g de CO2 par litre).

Seulement, 3,3 milliards de recherches sont effectuées chaque jour sur le moteur de Google, soit 660 tonnes de CO2 émis chaque jour, ou 241.000 tonnes par an.

Voici 5 actions faciles à mettre en place pour réduire ton impact :

1) Avant de lancer une recherche, pose-toi les bonnes questions et demande-toi toujours si ta recherche est indispensable ou si ton entourage ne peut pas t’apporter une réponse de vive voix.

2) Si tu as plusieurs éléments à chercher, note-les sur une tosearch-list. Puis une fois par jour, ou une fois par semaine, dédie un créneau dans ton emploi du temps pour lancer toutes tes recherches en une seule session. Et note les résultats sur ta tosearch-list pour capitaliser tes informations.

3) Mets en favori les résultats que tu souhaites (re) consulter plus tard.

4) Optimise tes recherches web en utilisant des mots-clés plus précis.

5) Remplace Google par des moteurs de recherche plus éthiques :

  • Comme Lilo qui finance des projets sociaux et environnementaux et protège ta vie privée ;
  • Comme youCare qui transforme nos recherches en repas offerts aux animaux abandonnés ;
  • Comme Ecosia qui reverse 80 % de ses bénéfices selon un programme de reforestation présent partout dans le monde.

9. Utiliser et publier moins souvent sur le web et les réseaux sociaux

Google, Instagram, Facebook, Twitter, Netflix… L’ensemble des services internet est responsable de 2% des émissions de CO2 dans le monde, affirme un rapport de la Global e-Sustainability Initiative (GeSI). Soit autant que l’ensemble du secteur aérien.

Un seul tweet engendre l’émission de 0,02 g de CO2 (source). Ce canal serait le moins « polluant ».


10. Regarder moins de vidéos

Les vidéos en ligne représentent actuellement 82 % du trafic Internet.

Lorsque tu regardes 10 petites minutes de vidéo sur YouTube, tu génères 1 g de CO2. Ou 1 heure de vidéo visionnée sur un smartphone correspond, elle, à la consommation annuelle d’un frigidaire…

Voici 3 actions faciles à mettre en place pour réduire ton impact :

  • Limite le visionnage de vidéos de chats mignons, d’animaux rigolos ;
  • Regarde le moins possible la télévision en ligne ;
  • Évite les streaming et préfére le téléchargement.

11. Réduire l’utilisation des messageries instantanées

Si tu le peux, privilégie les coups de fils ou les SMS.


12. Éviter les conversations par e-mail quand on peut passer un coup de fil


13. Limiter le temps passé sur les jeux en ligne

Bye-bye les applications et les jeux sur Facebook pour passer le temps. Bye-bye Fornite et compagnie.

⇒ Prends plutôt un bon livre, un carnet pour écrire/dessiner, bricoler, restaurer, recycler, inventer, etc… Tu trouveras plein d’idées sur mon blog.


14. Rédiger ses articles de blog en local

Avant de publier un article, de te connecter à ta console d’administration en ligne, de commencer à rédiger ton article qui va être pré-enregistré toutes les 30 secondes sur le serveur de ton hébergeur, rédige-le sur ton ordinateur, sur un document ou un bloc-note. La mise en forme s’effectue en ligne, après la rédaction, une fois ton article finalisé.

IDEM pour les publications Facebook et autres plateformes en ligne !

IDEM pour l’utilisation des outils en ligne, comme Pixlr, Canva, etc… Réfléchis à ce que tu souhaites créer avant même de te connecter sur ces logiciels en ligne.


15. Réduire sa consommation d’électricité en général

Éteindre ses écrans quand ils ne sont pas utilisés, ne pas laisser branchés son téléphone ou son ordinateur portable (qui consomment de 50% à 80% de moins que les postes fixes) alors que la batterie est pleine.

⇒ Éteins tes appareils électriques au lieu de les mettre en veille et économise 11 % sur ta facture d’électricité.


16. Éteindre sa box Internet quand on n’est pas chez soi


17. Réduire son temps de lecture en ligne

Réduise ton temps de lecture en ligne en sélectionnant les contenus qui t’intéresse vraiment. Évite les articles chronophages.

18. Bien choisir et prendre soin de son matériel

1) Privilégie le matériel écolo, comme un PC reconditionné, une souris en bambou sans fil, une housse de tablette recyclée.

2) Allonge la durée de vie de ton équipement et prends-en soin :

  • débranche ton ordinateur quand la batterie est chargée ;
  • baisse la luminosité de l’écran ;
  • passe en mode avion quand tu n’utilises pas Internet

19. Utilise Plana

La transition écologique doit aussi être pensée au niveau technologique. C’est pourquoi l’ONG Digital for The Planet a conçu Plana, un assistant vocal intelligent – l’équivalent de Siri chez Apple – pour guider les internautes vers un usage plus responsable de leurs smartphones.

20. Partager ses habitudes

Parles-en à ton entourage, explique-lui quoi faire et comment le faire, indique-lui les bénéfices pour l’environnement et son portefeuille.

La face cachée du numérique

Ordinateurs, tablettes, smartphones : viser la longévité et la sobriété

– Faire durer ses équipements
– S’équiper léger
– Limiter les consommations d’énergie
– Optimiser les impressions
– Recycler, c’est impératif !

Maîtriser le voyage et le stockage des donnée

– Les e-mails et les requêtes web
– Le stockage des données

Des usages et des services en évolution permanente

– Le e-commerce
– Les services entre particuliers
– Les blogs et les réseaux sociaux
– De nouveaux objets dans la vie quotidienne

Les sources consultées pour rédiger cet article

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(3 commentaires)

  1. Merci beaucoup pour cet article et les liens qui vont avec !
    Pas facile d’être efficace à tous les niveaux mais là, ça donne vraiment à réfléchir pour revoir notre consommation internetistique. Quid des commentaires 😀 ?
    A bientôt !

    Aimé par 1 personne

    1. En effet, c’est compliqué d’être efficace, surtout à notre époque où plus personne ne peut se passer d’Internet. Avoir conscience de l’impact de chacun de nos gestes est déjà un grand pas. Les mentalités et les réflexes viendront avec le temps. D’ici une génération, j’espère… Rome ne s’est pas construite en un jour.

      Aimé par 1 personne

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